...jongle avec ses pensées

Que du (double) bonheur!

14 juin 2017

La nouvelle vient de te tomber dessus comme un coup de massue. Tu navigues incertaine entre euphorie et panique.

“Je vais avoir DEUX bébés!”

On a beau te le répéter, tu as beau te le dire à haute voix, tu nages dans un immense brouillard.

“Je vais avoir DEUX bébés!”

Il y a 4 ans, j’étais à ta place

Puis, après l’annonce, presque 9 mois de grossesse et l’accouchement, mes deux bébés étaient là.

Et maintenant, je fais quoi?

Ce ne sont pourtant pas les conseils qui manquent. Car oui, tu verras, deux bébés apportent également le double de “bons conseils”.

Car étonnement TOUS ont une voisine, un cousin, une arrière-grand-mère ou un dentiste qui connaît quelqu’un, qui a une connaissance, qui a eu des jumeaux. Et évidemment ils ont tous un avis sur la question. Surtout ceux qui n’ont jamais eu d’enfants!

Mais au milieu de toutes ces diatribes, qui partent pourtant d’un bon sentiment, n’en doutons pas, il y aura aussi les mots réconfortants de parents qui ont élevé des jumeaux, et ont un réel avis sur la question.

“Tu verras, la première année ce sera compliqué, mais après ce n’est que du bonheur”

Je ne sais plus qui m’a dit cette phrase. Et pourtant c’est à elle que je me suis raccrochée durant toute la première année. Une phrase sans conseil. Directe, pleine de vérité. Et laissant entrevoir de l’espoir, quand épuisée, je me disais que je n’allais pas y arriver.

Alors permet-moi à mon tour d’être directe avec toi.

Oui les premiers mois, j’en ai bavé!

Mon premier bébé je l’ai énormément chouchouté. Je l’ai allaité presque 12 mois. Porté à longueur de journée tout contre moi. Il faisait même ses siestes, allongé avec moi. Trois ans durant, il n’y en a eu que pour lui. Alors j’avais envie de faire pareil pour mes deux autres bébés. 

J’avais envie de les allaiter. J’avais envie de les porter tout contre moi à longueur de journée. J’avais envie de leur donner ce que j’avais tant aimé donner à leur grand frère.

Mais au bout de quelques semaines à peine,  j’ai du me rendre à l’évidence. Deux bébés à la fois, c’est un quotidien où tout se vit à double. Tous les bonheurs. Mais aussi la fatigue, les énervements, avec doublement moins de temps pour soi.

Et surtout je ne suis pas Wonder Woman.

C’est ce dernier constat qui pour la perfectionniste qui aime tout gérer que je suis, a été le plus difficile à digérer.

J’en ai même voulu au destin, qui m’avait offert si généreusement deux bébés à la fois… On m’a volé une grossesse. On m’a volé ces précieux moments de complicité que vit une maman avec son nouveau né. Des pensées difficiles à assumer.

J’ai alors appris à être maman de jumeaux

J’ai appris à enchaîner les biberons, les changements de couches, les bains, l’habillement et les câlins. J’ai appris à être disponible pour celle qui avait un gros chagrin. Tout en veillant à ne pas donner plus à l’une qu’à l’autre. J’ai appris à ne pas les comparer. J’ai appris à accepter que parfois  je devais en laisser pleurer une le temps de gérer l’autre. J’ai appris à jongler entre mes deux bébés, tout en n’oubliant pas mon premier né qui lui aussi avait besoin de moi.

Avec le recule je crois que j’ai fait l’erreur de ne pas demander plus d’aide. Certes mon Mr.A a toujours été très présent. Il s’est surtout occupé comme un chef de notre grand garçon, se sentant un peu gauche et inutile avec deux nouveaux nés.

Alors ne fais pas comme moi. Demande de l’aide. N’ai pas l’impression que c’est une preuve d’incompétence de ta part. Trouve un moyen de préserver un peu d’énergie. Parce que crois moi, tu en auras besoin!

Au bout de quelques mois, j’avais donc fais mon deuil de la maman fusionnelle que j’avais été avec Anakin. Et j’avais appris à former un trio avec mes jumelles. On partageait tout à trois (ou à cinq pour les grands évènements, évidemment!)

Les tétées. Les biberons. Les premiers sourires. Les premiers éclats de rires. Les premiers “arreuh”. Les visites doubles chez le médecin. Les premières purées. Les premiers “quatre pattes”. Les premiers jeux.

Et leur première bougie…

Et cette phrase qui résonnait dans ma tête“Tu verras la première année ce sera compliqué, mais après ce n’est que du bonheur“.

Alors certes, du bonheur il y en a eu beaucoup dès le premier jour. Mais de là à dire qu’après une année “le pire” était derrière nous…

Je t’avais promis d’être directe…

Après la première année ont suivi les premiers pas et les nouveaux dangers. Les premiers mots et les caractères qui s’affirment. Les premiers “non” et les premières colères. Les premiers crêpages de chignons.

Et puis le double “terrible two”.

Quand tu as réussi l’exploit d’en calmer une, c’est la deuxième qui prend le relais.

Et cette complicité qui fait qu’entre jumelles on partage tout. Les microbes, les bonnes idées et les bêtises. Surtout les bêtises.

Et au bout une maman qui s’épuise. Des cris, des mots qui dépassent les pensées, des punitions et même des fessées. Cette impression de ne rien gérer, et une envie parfois viscérale de partir loin, très loin. De tout envoyer balader.

Oui ça aussi crois moi c’est normal. Alors si tu en arrives là, ne fais pas comme moi. Ne laisse pas ta fierté mal placée prétendre que tout va bien, que “oui, oui, des jumeaux à élever c’est trois fois rien!”.

Apprend à te préserver. Garde une bulle à toi où tu peux te ressourcer. Et arrête de culpabiliser. Prend du recule et commence à profiter. Ne perd pas de temps.

Parce que à côté de ça, il y a tout le reste.

Le bonheur de voir deux petits êtres arrivés ensemble et qui pourtant ne pourraient être plus différents.

Une complicité qui se noue avec leur grand frère. J’avais si peur qu’il soit isolé par le duo formé par ses sœurs.

Ce besoin fusionnel qu’elles ont de savoir toujours où se trouve l’autre.

Cette gourmandise empathie qui fait que tu ne peux donner un chocolat à l’une sans qu’elle en demande un pour l’autre.

Ou que tu ne peux soigner un bobo à l’une, sans l’avis expert de l’autre.

Des petits caractères bien trempés, qui dès la première heure ont dû apprendre à partager.

Les voir jouer ensemble durant des heures. Les écouter disserter sur des sujets dont elles seules ont le secret.

Les voir devenir de véritables petites coquettes, avec des goûts bien arrêtés sur la mode et ses accessoires.

S’apercevoir que malgré la culpabilité de ne pouvoir leur accorder autant de temps individuellement, elles sont aussi câlines que ton premier bébé.

Et te voir, non sans une certaine fierté, toi maman, grandie et évoluée. Ayant appris à relativiser. A lâcher du leste sur certaines idées. A revoir tes priorités. 

Aujourd’hui mes deux princesses ont presque 4 ans.

Plus de couches, plus de biberons à la maison. Chaque jour elles deviennent plus autonomes. S’habillent toutes seules, prennent leur douche comme des grandes, demandent même à débarrasser le lave-vaisselle et à mettre la table! (Oui j’en profites à fond, ça risque de ne pas durer longtemps.)

Oh bien entendu des disputes et des cris il y en a toujours. Mais pas pire que dans une autre fratrie. Et tellement mieux gérés qu’il y a encore 1 an en arrière.

Le temps a filé. A présent je n’ai plus cette insurmontable pensée que  j’ai deux bébés à gérer.  A présent je prends enfin plaisir à aider deux petites filles à grandir.

Alors toi la maman qui vient de voir double. Toi qui te pose un million de questions. Toi qui vient d’accoucher de deux bébés et te demander “et maintenant?”. Laisse moi te confier que, oui, les premières années ça sera compliqué, parfois tu vas même en chier (oui la vulgarité permet d’extérioriser!) , mais en fin de compte, tu verras, et je peux te le certifierc’est que du (double) bonheur”!

 

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Tu aimeras sûrement aussi

10 Commentaires

  • Et si tu me donnais ton avis? zenopia 14 juin 2017 à 8:29

    Cela ne doit pas être évident tous les jours… c’est certain…
    Je trouve que vous êtes une famille magnifique : il se dégage toujours de tes photos plein d’amour <3
    Belle journée

    • Et si tu me donnais ton avis? Appellation Maman 14 juin 2017 à 3:06

      Oh comme ça me touche ce que tu me dis là! Merci beaucoup Cécile 🙏🏻❤️

  • Et si tu me donnais ton avis? mamansurlefil 14 juin 2017 à 9:07

    Très bel article qui devrait aider et parler aux mamans de multiples mais pas que… Je ne connais pas la problématique des jumeaux mais les ressentis peuvent être les mêmes avec des rapprochés !

    Bonne journée

    Virginie

    • Et si tu me donnais ton avis? Appellation Maman 14 juin 2017 à 3:07

      Oui en grandissant je pense que avoir des jumeaux ça ressemble beaucoup à avoir des rapprochés! Tu jongles juste un peu plus quand ils sont bébés! 😉 très bonne journée à toi 😘

  • Et si tu me donnais ton avis? Quatre enfants 14 juin 2017 à 12:05

    Voilà, ca y est, c’est sur ! Ce billet est mon préféré !!! J’aurais pu écrire exactement les mêmes phrases, utilisant les mêmes mots … et ces photos, si belles 💕💕 Je suis toute émue en te lisant, en visualisant tout le chemin que tu as parcouru, ce chemin qui est le mien aussi. MERCI 😘

    • Et si tu me donnais ton avis? Appellation Maman 14 juin 2017 à 3:09

      Merci Agnès! Tes mots me touchent.. si tu savais comment! 😊 et c’est tellement rassurant de pas se sentir seule! 😉😘

  • Et si tu me donnais ton avis? Anju 14 juin 2017 à 4:40

    Je découvre ton blog, merci de ces mots, j’ai une sœur jumelle, à chaque fois que j’aborde ce sujet avec ma maman, elle me rassure: “ce n’est que du bonheur”.. J’ai pourtant du mal à la croire, en n’en ayant “que un” je galère déjà, et ma plus grande crainte est évidement d’en avoir deux à mon tour. Pourtant, ma sœur est ce qu’il m’est arrivé de mieux! Beaucoup de bonheur à votre belle famille

    • Et si tu me donnais ton avis? Appellation Maman 15 juin 2017 à 9:32

      Merci beaucoup pour le partage de ton ressenti de jumelles! C’est très précieux 😊 et je peux te rassurer… oui c’est galère mais pour c’est génial! Très belle journée et merci pour ta visite 💕

  • Et si tu me donnais ton avis? Monjolipetitbureau 21 juin 2017 à 6:27

    Oh oui ça doit être dur, ethan est dans le “2ans/3ans” avec une grande sœur qui gère encore hyper mal ses émotions… je n’en peux plus… alors deux d’un coup, je tire mon chapeau aux mamans!

    • Et si tu me donnais ton avis? Appellation Maman 21 juin 2017 à 8:07

      Merci! Et bon courage avec tes deux loulous! Que ce soit des jumeaux ou non c’est pas tous les jours facile d’être maman! 😉😘

    Et si tu me laissais un commentaire?

    %d blogueurs aiment cette page :